Ouverture d'un nouvel espace muséographique consacré à la paléontologie et à la minéralogie : Paléopolis, Gannat, Allier

Pierre Thomas

ENS Lyon - Laboratoire de Géologie de Lyon

Olivier Dequincey

ENS Lyon / DGESCO

18/04/2013

Résumé

Un musée de paléontologie et de minéralogie en Auvergne : expositions permanentes, temporaires et ateliers de fouille.


Paléopolis est un nouvel espace muséographique français consacré à la géologie, et plus particulièrement à la paléontologie et à la minéralogie ; il vient de s'ouvrir à Gannat dans l'Allier. C'est suffisamment rare pour qu'on le remarque et qu'on en informe les professeurs de SVT et tous les amateurs des « choses de la nature ».

Tous les renseignements pratiques sur Paléopolis peuvent être obtenus sur http://www.paleopolis-parc.com.

Historique et inauguration du parc

L'histoire a commencé il y a 20 ans par la découverte d'un fossile de rhinocéros dans des carrières de calcaires stromatolithiques exploités (pour la chaux) dans le Miocène basal de Gannat, en Limagne. Après bien des vicissitudes et des variantes, cette découverte a servi de "prétexte" pour que le département de l'Allier pilote et soit le maître d'ouvrage de ce nouveau parc-musée consacré à la paléontologie, à la minéralogie et à la géologie de l'Auvergne.

Le parc Paléopolis a été inauguré le 27 mars 2013, en présence de toutes les autorités locales, départementales et régionales, ainsi que d'Yves Coppens, le président du comité scientifique de Paléopolis.

Figure 3. L'entrée de Paléopolis (Gannat), 27 mars 2013, juste avant l'inauguration

L'entrée de Paléopolis (Gannat), 27 mars 2013, juste avant l'inauguration

Figure 4. Yves Coppens, président du comité scientifique de Paléopolis, lors du discours inaugural du 27 mars 2013

Yves Coppens, président du comité scientifique de Paléopolis, lors du discours inaugural du 27 mars 2013

À la gauche d'Yves Coppens, M. le Préfet de l'Allier, Benoît Brocard.


Le musée sensu stricto comprend quatre partie : (1) une exposition permanente sur l'histoire de la vie, (2) une exposition permanente de minéraux issus des anciennes mines de France, (3) des ateliers de fouilles expérimentales destinés, en particulier, aux enfants, et (4) une exposition temporaire renouvelée tous les ans et consacrée, en 2013, à « l'Auvergne tropicale » de l'ère tertiaire.

La fascinante histoire de la vie, 4.000.000.000 d'années d'évolution

Cette exposition permanente de fossile est le « clou » de cet espace muséographique. Elle expose sur 600 m2 et dans un ordre chronologique (de l'Archéen au Pléistocène) de très nombreux fossiles, fossiles originaux ou moulages (et c'est alors précisé), en dessinant ainsi une véritable fresque de l'Évolution. Les principales époques fossilifères d'Auvergne (Carbonifère supérieur, Oligo-Miocène…) y sont particulièrement mises en valeur.

En quelques photographies commentées, voici un aperçu rapide "dans l'ordre" de cette « galerie de l'évolution ».

Les trésors des mines de France

Cette deuxième exposition permanente montre de très beaux spécimens des minéraux, tous issus des anciennes mines françaises. Les anciennes mines auvergnates sont très bien représentées, mais les autres régions riches en mines métalliques (Alpes, Pyrénées…) ne sont pas oubliées.


Figure 13. Vitrine consacrée aux minéraux de mines du Massif Central

Vitrine consacrée aux minéraux de mines du Massif Central

Figure 14. Vitrine consacrée aux minéraux de mines du Massif Central

Vitrine consacrée aux minéraux de mines du Massif Central

Le chantier de fouille

Il s'agit d'un chantier de fouille reconstitué où petits et grands peuvent s'initier à la pratique des fouilles, à manipuler des fossiles…


Les expositions temporaires

Chaque année, une exposition temporaire sera consacrée à un thème précis, se rapportant souvent à la géologie de l'Auvergne. En 2013, c'est l'histoire du lac oligo-miocène de Limagne qui a été choisie.


Des développements futurs souhaitables

Le parc-musée Paléopolis se trouve au sein d'un parc de 5 hectares, propriété du département de l'Allier. Or ce parc contient potentiellement de quoi aménager un véritable parcours géologique en y ouvrant et sécurisant une ou plusieurs « parois de type carrière » » situées dans des endroits « stratégiques ». Le sous-sol de ce parc est principalement constitué de socle hercynien. D'après la carte géologique BRGM de Gannat, une faille traverse le parc, séparant un compartiment granitique à l'Ouest d'un compartiment Est formé de roches volcaniques datées du Carbonifère inférieur (des pyroclastites rhyolitiques, équivalent volcanique des granites voisins). D'après la carte géologique, cette faille est très fortement minéralisée en quartz, preuve d'un important hydrothermalisme tardi-hercynien. Enfin, le compartiment oriental (roche volcanique paléozoïque) est recouvert en discordance par les calcaires stromatolithiques de l'Oligocène terminal / Miocène basal. Une ou plusieurs « carrières » judicieusement placées montrant tout cela auraient un intérêt pédagogique certain. Quelques « tas de cailloux » (calcaires stromatolithiques) apportés chaque année par camion de la carrière voisine du Mont Libre et où tout un chacun pourrait fouiller, prélever et ramener "son" échantillon de stromatolithe personnel apporterait un "plus" certain à ce parc.

On ne peut que souhaiter longue vie et nombreux développements futurs à Paléopolis.

Figure 17. Extrait de la carte géologique au 1/50.000 montrant la situation géologiquement exceptionnelle du parc Paléopolis

Extrait de la carte géologique au 1/50.000 montrant la situation géologiquement exceptionnelle du parc Paléopolis

Sous réserve de l'exactitude de la carte géologique et des limites précises des terrains propriété du département de l'Allier (cercle rouge), on trouverait dans ce parc granites et roches volcaniques paléozoïques séparés par une faille très minéralisée et recouverts en discordance par des calcaires stromatolithiques. La carrière de calcaire stromatolithique du Mont Libre où a été trouvé le rhinocéros fossile, point de départ du projet, se trouve au premier plan, à droite.

Combien de musées de géologie de par le monde aimeraient se trouver dans une situation semblable ?