Image de la semaine | 08/09/2014

De 2013 à 2015, profitez du maximum solaire pour aller à la chasse aux aurores polaires

08/09/2014

Auteur(s) / Autrice(s) :

  • Pierre Thomas
    Laboratoire de Géologie de Lyon / ENS de Lyon

Publié par :

  • Olivier Dequincey
    ENS de Lyon / DGESCO

Résumé

Activité solaire et champ magnétique : le phénomène des aurores polaires (boréales, australes... et joviennes).


Une aurore polaire près de Reykjavik (Islande), 5 septembre 2013
Figure 1. Une aurore polaire près de Reykjavik (Islande), 5 septembre 2013 — ouvrir l’image en grand

Le temps de pose de cette photo est d'une vingtaine de secondes. La zone lumineuse à gauche correspond aux lumières de Reykjavik. Cette aurore polaire, qu'on peut appeler « boréale » puisqu'on est dans l'hémisphère Nord, montre deux couleurs : (1) une couleur verte, dominante, correspondant à la couleur émise par l'atome d'oxygène qui se désactive et (2) une teinte rouge rosée en haut à gauche, correspondant à la couleur de désexcitation de l'atome d'azote. Temps de pose : 20 s, focale de 50 mm.

Les aurores polaires (boréales et australes) ont lieu quand des « rafales » de vent solaire atteignent la Terre. Le vent solaire est constitué de particules, électrons et ions positifs (essentiellement ions hydrogène et hélium) éjectés du Soleil à une vitesse allant de 400 à 800 km/s, mais pouvant atteindre 2500 km/s lors des éruptions solaires. Ces particules sont naturellement déviées par le champ magnétique terrestre, mais certaines peuvent atteindre la haute atmosphère au niveau des pôles magnétiques lors d'une "rafale" puissante liée à une éruption. Ces particules excitent alors les molécules et atomes de la haute atmosphère, principalement azote et oxygène, qui se désexcitent en émettant leur couleurs caractéristiques de désexcitation, rose pour l'azote et verte pour l'oxygène en ce qui concerne la lumière visible.

Les aurores polaires sont assez fréquentes pendant les périodes de Soleil actif, plus rares en période de Soleil calme. Or l'activité du Soleil varie avec un rythme moyen de 11 ans, en fait allant de 9 à 14 ans. L'avant dernier maximum a eu lieu en 2001, et 2014 correspond au maximum suivant (en retard de 2 ans par rapport à la moyenne, mais restant "dans les clous"). Normalement le nombre des aurores devrait commencer à décroître à partir de 2015, pour atteindre un minimum vers 2020. Si donc vous cherchez un but pour vos prochaines vacances (en dehors des mois de mai, juin et juillet ou la brièveté/inexistence des nuits rend difficile l'observation des aurores), choisissez donc les hautes latitudes (> 60° : Islande, Scandinavie, Canada…). Les6 premiers clichés et montages ont été réalisés par Patrick Pelletier lors d'un voyage organisé par l'AFA(lien externe - nouvelle fenêtre) en septembre 2013 en Islande, justement pour profiter du maximum 2013-2015. Les trois photographies suivantes ont été prises par Anette Bjørnsen(lien externe - nouvelle fenêtre) en février 2013 aux îles Lofoten (Norvège), non pas à l'occasion d'un voyage organisé astronomique, mais lors de ballades à ski. On peut voir d'autres photos d'Annette Bjørnsen sur sa page Nordlyyyys(lien externe - nouvelle fenêtre). Suite à la publication de cet article, de nouvelles mages nous sont parvenues, 4 clichés de Martine Braem pris en mars 2004 près d'Ivalo en Laponie finlandaise ont été sélectionnés (et ajoutés le 5 janvier 2015). Merci aux photographes de nous avoir autorisé à diffuser leurs clichés.

En plus de ces images et films "privés", trois schémas expliquent brièvement le phénomène des aurores polaires, puis nous vous proposons ensuite quatre images d'aurores prises depuis l'espace, deux concernant la Terre, et deux Jupiter.

Pour en savoir plus sur le phénomène des aurores polaires, un document de Frédéric Pitout (de l'IRAP(lien externe - nouvelle fenêtre)), intitulé Les aurores polaires, quand le Soleil courtise l’atmosphère , est mis à disposition sur le site de la Société d'astronomie populaire(lien externe - nouvelle fenêtre) (Toulouse).