Plis anisopaques

Pierre Thomas

ENS Lyon - Laboratoire des Sciences de la Terre

Florence Kalfoun

ENS Lyon / DGESCO

06/09/2004

Résumé

Plis anisopaques dans des calcaires du massif de la Dent de Morcles (Valais suisse).


Figure 1. Plis anisopaques dans des calcaires du massif de la Dent de Morcles (Valais suisse)

Plis anisopaques dans des calcaires du massif de la Dent de Morcles (Valais suisse)

On voit très bien un magnifique plis en Z au centre de la photographie. On peut noter que la couche claire la plus visible est trois fois plus mince dans la branche inférieure du Z que dans la branche médiane. Si l'on considère que l'épaisseur a été conservée dans la branche médiane du Z, alors la branche inférieure a été étirée-amincie trois fois. La branche supérieure, atteinte par l'érosion, ne permet pas de comparaison valable.


En schématisant à outrance, il existe deux sortes de plis : les plis isopaques (l'épaisseur des couches est conservée) et les plis anisopaques (l'épaisseur des couches n'est pas conservée). Les plis sont isopaques (voir par exemple la photographie d'un mini-anticlinal) quand il n'y a pas de déformation "intime" de la matière et/ou du réseau cristallin, lorsque la matière est "dure" pour parler en "langage populaire", cassante ou compétente pour utiliser les termes "géologiques" (grès, calcaire …). Si les couches contiennent de petits objets d'une forme donnée (oolites sphériques par exemple), ces objets conservent leur forme (les oolites restent sphériques). Ces couches (et les objets qu'elles contiennent) sont par contre affectées d'innombrables micro-cassures ou micro-zones de dissolution, et la déformation macroscopique d'ensemble (le plis isopaque) est en fait la somme de ces innombrables cassures et zones de dissolution microscopiques. Ces plis isopaques sont souvent associés à des failles (voir par exemple la photographie d'un pli-faille à Saint Rambert dans le Bugey).