Pyrite et fluorine

Pierre Thomas

ENS Lyon - Laboratoire des Sciences de la Terre

Florence Kalfoun

ENS Lyon / DGESCO

14/03/2005

Résumé

Cubes de pyrite sur demi-octaèdres de fluorine.


Figure 1. Fluorine et pyrite sur rhyolite du Carbonifère (mines d'Argentolles, Saône et Loire)

Fluorine et pyrite sur rhyolite du Carbonifère (mines d'Argentolles, Saône et Loire)

Les cubes dorés de pyrite sont posés sur les pointes des demi-octaèdres de fluorine violette.


Nous terminons cette série sur les remplissages des filons hydrothermaux par un dernier échantillon, avec cristallisation de fluorine violette dans un premier temps, puis de pyrite.

L'encaissant de ce filon est constitué d'une vieille rhyolite verdâtre, du Carbonifère. Cet échantillon provient du Morvan (mines d'Argentolles, 71).

Si la fluorine forme le plus souvent des cubes, elle peut aussi cristalliser sous forme de demi octaèdres, qui apparaîtront comme des pointes pyramidales à quatre faces (les pyramides de quartz en ont six). La pyrite, plus tardive, se trouve sous forme de micro cubes dorés posés sur les pointes de fluorine. Nous vous proposons trois vues, de plus en plus rapprochées. Sur la première, on voit bien la forme pyramidale des cristaux de fluorine. Sur la troisième, on voit très bien la forme cubique de la pyrite. On voit même souvent que plusieurs cristaux cubiques s'interpénètrent, formant des "macles".

Figure 2. Pyrite sur demi-octaèdres de fluorine (mines d'Argentolles, 71)

Pyrite sur demi-octaèdres de fluorine (mines d'Argentolles, 71)

Figure 3. Pyrite sur demi-octaèdres de fluorine (mines d'Argentolles, 71)

Pyrite sur demi-octaèdres de fluorine (mines d'Argentolles, 71)

La presque totalité des échantillons de fluorine, barytine, quartz, pyrite … présentés ces dernières semaines a été trouvée en France (Massif Central principalement), dans de vieilles mines abandonnées, ou dans leurs déblais, et ce dans les années 1970-1980. Faire de telle trouvailles en France est maintenant très difficile, car les mines sont abandonnées, les déblais réaménagés (c'est-à-dire détruits!) ou végétalisés. Quant aux galeries de mines, elles sont actuellement condamnées, au lieu d'être aménagées pour des visites, ou d'être signalées clairement comme dangereuses d'accès et réservées aux seuls minéralogistes ayant une bonne pratique de spéléologie. Les DDE (Directions Départementale de l'Équipement) et les municipalités préfèrent les murer (ce qui est un moindre mal), ou plus généralement les détruire à coup d'explosif ! Une véritable destruction de patrimoine ! Si cette pratique avait eu cours avant les années 1980, les musées de minéralogie seraient bien vides, et combien de vocations de géologues auraient été étouffées dans l'œuf !

Il semblerait que la célèbre mine de la Gardette près de Bourg d'Oisans, où l'on trouve des quartz bien plus beau que ceux, d'origine voisine, de la semaine du 7 février 2005 soient en danger. La DDE voudrait, parait-il, et contre l'avis de la municipalité, les dynamiter (voir http://www.lagardette.com et http://www.lagardette.info. Il serait temps que les amateurs de nature, dont les professeurs de sciences de la vie et de la Terre font partie, puissent être entendus et que notre patrimoine naturel, non seulement biologique mais aussi géologique puisse être préservé.