Le Lagon Bleu, Islande

Pierre Thomas

ENS Lyon - Laboratoire des Sciences de la Terre

Florence Kalfoun

ENS Lyon / DGESCO

04/04/2005

Résumé

Eau chaude et particules de silice, le Lagon Bleu (Blaa Ionid) près de Reykjavik.


Figure 1. Vue générale du Lagon Bleu (Blaa Ionid, Islande)

Vue générale du Lagon Bleu (Blaa Ionid, Islande)

Un des lieux favoris des habitants de Reykjavik et des touristes de passage est le "Lagon Bleu" (Blaa lonid en islandais).

La photographie 1 montre une vue générale du site. Il s'agit d'un site totalement artificiel, constitué de bassins d'épandages d'une station de forage géothermique, où de l'eau chaude est captée à plus de 1000 m de profondeur et est envoyée par pipe-line vers Reykjavik. Une petite partie de cette eau est "détournée" vers des bassins, tiédie pour être à une température de 30 à 40°C, et amenée dans des piscines en plein air reconstituant un paysage de lac naturel, et ce pour la plus grande joie des baigneurs que l'on peut voir à gauche de la photographie. Ces eaux contenaient de la silice dissoute quand elle était très chaude et sous pression. Sa mise à la pression atmosphérique et à une température de 30-40° diminue beaucoup la solubilité de la silice, qui précipite en micro-particules restant en suspension dans l'eau. L'eau y est donc bleue, pour les même raison qu'à Hveravellir : la diffusion de la lumière par les micro-particules de silice en suspension. La concentration plus élevée de la silice en suspension dans l'eau lui enlève sa transparence et lui confère une teinte "laiteuse".

La photographie 2 montre un gros plan d'un bord de ce plan d'eau : les dépôts blanchâtres qui recouvrent les basaltes noirs du bord sont constitués de silice, qui s'y est déposée depuis l'aménagement et l'ouverture du site il y a une dizaine d'années.

La photographie 3 montre une vue aérienne du site. Le Lagon bleu (dont l'eau paraît blanche avec le soleil dans le dos) est en fait ce lac de forme amiboïde allongée de plus de 200 m de long au centre de l'image. La partie ouverte aux baigneurs se situe à gauche (on devine les installations touristiques et on voit bien les parkings, vides à cette heure très matinale). Tout à fait à droite, masquées aux trois quarts par les panaches de vapeurs, on devine les installations industrielles.

Ce phénomène "d'eaux bleues" liées à la diffusion de la lumière sur de fines particules en suspension n'existe pas que pour les eaux siliceuses et les destinations lointaines. La semaine prochaine, nous vous montrerons de telles eaux bleues, bien françaises, et … carbonatées.

Figure 2. Vue rapprochée du bord du plan d'eau, Islande

Vue rapprochée du bord du plan d'eau, Islande

Les dépôts blanchâtres qui recouvrent les basaltes noirs du bord sont constitués de silice.


Figure 3. Vue aérienne du site du Lagon Bleu

Vue aérienne du site du Lagon Bleu

Le Lagon bleu (dont l'eau paraît blanche avec le soleil dans le dos) est en fait ce lac de forme amiboïde allongée de plus de 200 m de long au centre de l'image.