14-18 Tremblements de guerre

Les géologues au cœur de l'histoire

Ce livre, soutenu par l'ECPAD (agence d'images de la défense) et paru dans le cadre du centenaire de la Guerre de 1914-1918, nous propose d'aborder la Première guerre mondiale de manière chronologique avec un œil de géologue. Très vite, cette guerre d'un genre nouveau (déluge d'artillerie lourde, guerre de position…) posa des problèmes nécessitant, outre la connaissance de la surface, la maitrise du sol et du sous-sol. Les compétences des géologues prirent alors une place importante dans le conflit.

L'introduction présente quelques géologues précurseurs peu suivis sauf en France où existait une tradition de terrrain (surtout en géomorphologie). Le premier chapitre, 1914 : des grandes certitudes aux désillusions, rappelle le passage d'une classique guerre de mouvement à une déconcertante guerre de position et d'usure.

Les quatre chapitres suivants développent des aspects géologiques apparus au cours de ce conflit d'un nouveau genre. Dans 1915-1917 : la Guerre des tranchées. Lorsque le feu enterre les hommes et leurs illusions, il est question de la force de l'artillerie et de la nécessité d'y résister en creusant des tranchées protectrices adaptées au terrain. Dans Vives ou mortes : histoire d'eaux dans la Grande Guerre, sont développés les effets et les usages de l'eau : inondation volontaire du champ de bataille, inondation redoutée des tranchées, nappes phréatiques, eau de boisson et pollutions, manœuvres et terrains détrempés… Dans Percer sous terre : la Grande Guerre des taupes, on passe sous la ligne de front pour écouter l'ennemi, s'introduire dans ces lignes, poser des mines… en tenant compte des contraintes géologiques. Dans Puiser sous terre : le nerf de la Guerre, les ressources nécessaires à l'effort de guerre, leur disponibilité et leur exploitation sont passées en revue : charbon et acier, mais aussi nitrates et pyrite pour les explosifs, ainsi que recyclage et chasse au gaspillage.

Un chapitre clôt ensuite le récit chronologique avec la fin du front russe et la reprise des grandes offensives et contre-offensives. Un dernier chapitre nous montre les traces durables de cette Grande Guerre sur les paysages mais aussi en profondeur dans les sols malgré les travaux de nettoyage et de déminage entrepris dès la fin du conflit. La conclusion, ou « épilogue », nous rappelle que la Grande Guerre fut la première à faire appel aux géologues, mais pas la dernière.

 

Ce livre propose donc un voyage chronologique et thématique richement illustré de cartes, plans, coupes, photographies actuelles et d'archive, avec des documents provenant des deux côtés de la ligne de front. Une manière intéressante de lier histoire et géologie appliquée, ou d'aborder la géologie appliquée par des exemples historiques (connaissance et prise en compte du terrain et de ces capacités ou contraintes, gestion de l'eau, “grands” travaux, gestion des ressources énergétiques et minières).

 

Daniel Hubé (coll. Dierk Willig), 2018. 14-18 Tremblements de guerre - Les géologues a cœur de l'histoire, BRGM éditions, 192p., ISBN : 978-2-7159-2673-8 - 28€

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À retrouver sur le site du BRGM (Grande Guerre et géologie, ou dans le catalogue), ou sur la boutique de l'ECPAD, boutique.ecpad.fr.

Revoir aussi l'approche plus géographique du livre Sous les lignes de front.

O.D.-27/04/2018