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Cycles de Milankovitch et variations climatiques

Cyril Langlois

Laboratoire Paléoenvironnements et Paléobiosphère - Université Claude Bernard Lyon 1

Benoît Urgelli

Ecole Normale Supérieure de Lyon

Publié par

Emmanuelle Cecchi

Benoît Urgelli


01 - 10 - 2004

Résumé

Cet article traite des cycles de Milankovitch et de leurs effets sur les variations climatiques.

Pour comprendre les variations climatiques glaciaires-interglaciaires, il faut comprendre:

On peut alors faire le lien entre les variations climatiques mesurées et les variations de l'orbite de la terre...


Note

D'après Climate Archives, the climate record of the distant past. James D. Hays et Peter B. de Menocal. Lamont-Doherty Earth Observatory of Columbia University

Le Quaternaire est caractérisé par des cycles climatiques rapides et de grande amplitude liés aux paramètres de Milankovitch, avec une période de 100 000 ans très marquée. Ces cycles sont associés à une variation du volume des glaces polaires et donc à une variation du niveau de la mer.

Figure 1. Variation de température lors du quaternaire

Variation de température lors du quaternaire

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Source : Petit R. et al., 1999, Nature.

La théorie de Milankovitch (ou théorie astronomique des changements climatiques) permet d'expliquer des changements des saisons en relation avec des changements de l'orbite de la terre autour du soleil. La théorie a été formulée par l'astronome serbe Milutin Milankovitch. Il a estimé les changements lents de l'orbite de la terre dus aux interactions avec les autres planètes du système solaire.

Il y a trois composantes principales qui expliquent la variabilité orbitale de la Terre :

  • Excentricité (période de 413 000 et 100 000 ans)

  • Inclinaison (période de 41 000 ans)

  • Précession (période de 23 000 et 19 000 ans)

Les périodes ont été déterminées par un traitement spectral des signaux de la figure 2 ci-dessous.

Figure 2. Variations de l'excentricité (E), de l'inclinaison (T) et de la précession (P) sur les 800 000 dernières années, d'après les travaux de Berger en 1978

Variations de l'excentricité (E), de l'inclinaison (T) et de la précession (P) sur les 800 000 dernières années, d'après les travaux de Berger en 1978

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Source : Paloeclimatology, T.J. Crowley, G. R. North, Oxford University Press, 1991

Figure 3. Variations orbitales de l'excentricité, de l'inclinaison (en degré) et de la précession (représentée par un index de précession) sur les derniers 800 000 ans.

Variations orbitales de l'excentricité, de l'inclinaison (en degré) et de la précession (représentée par un index de précession) sur les derniers 800 000 ans.

L'orbite verte est quasi-circulaire (excentricité faible), l'orbite bleue est elliptique (excentricité forte).

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Source : Cyril Langlois, ENS Lyon, Janvier 2003, d'après T. Crowley et J. North, Paleoclimatology, 1991, Oxford University

La figure 4 ci-dessous montre les variations du rayonnement solaire dans l'hémisphère nord entre -25000 à -10000 ans, durant le solstice de juin. Ces changements orbitaux causent de grandes variations de la quantité de lumière du soleil reçue pendant une saison donnée (jusqu'à ±15%). Dans ce cas, seules les variations de l'inclinaison (période de 41 00 ans) et les précessions orbitales (période de 19 000 et 23 000 ans) affectent de manière significative la quantité de rayonnement reçue pour une saison donnée.

Figure 4. Variation du rayonnement solaire entre -25000 et -10000 ans

Variation du rayonnement solaire entre -25000 et -10000 ans

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Source : James D. HAYS, Peter B. de MENOCAL, d'après Climate Archives, Lamont-Doherty Earth Observatory of Columbia University

On peut reconstituer les variations du volume de glace en employant des mesures des isotopes de l'oxygène dans la calcite (le "O" dans CaCO3) des coquilles de foraminifères. En effet, les variations en 18O de l'eau de mer peuvent être corrélées aux variations de volume des glaces. Pendant la période glaciaire, le niveau de la mer était de - 130m. En conséquence le 18O de l'océan était à + 1.5 pour mille qu'il est aujourd'hui. La mesure du 18O dans les coquilles de foraminifères permet donc de reconstruire les variations du volume de glace à l'échelle des millions d'années.

Figure 5. Variation du niveau de la mer et variation de la composition isotopique de l’eau de mer et des tests de foraminifères benthiques

Variation du niveau de la mer et variation de la composition isotopique de l’eau de mer et des tests de foraminifères benthiques

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Source : P. Gillet, ENS Lyon

Le schéma ci-dessous (Figure 6) montre les relations entre les changements du volume des glaces et les variations cumulées (ETP) de l'excentricité (E), de l'inclinaison (T), et de la précession (P).

Pour comprendre les origines de variations glaciaires-interglaciaires, deux cas extrêmes, parmi de nombreuses configurations possibles, sont représentés :

  • Pour la période glaciaire, l'orbite de la Terre est quasi circulaire (excentricité faible) et on a choisi d'y ajouter une faible inclinaison et une grande distance Terre-Soleil en été. Il en résulte un faible contraste saisonnier et une configuration favorable à l'apparition d'une période glaciaire.

  • Pour l'apparition d'une période interglaciaire, une configuration orbitale extrême est de considérer une forte excentricité (l'orbite de la Terre est une ellipse), une inclinaison forte et une faible distance Terre-Soleil en été. Il en résulterait des saisons très contrastées.

La variable principale est la quantité de rayonnement reçue en été aux hautes latitudes de l'hémisphère nord.

La variabilité de l'oxygène 18O est liée aux variations du rayonnement direct en relation avec les paramètres de Milankovitch.

Les variations périodiques de l'orbite de la Terre sont donc le stimulateur de périodes glaciaires. Au cours du dernier million d'année, il y a eu une dizaine de périodes glaciaires.

Figure 6. Relations entre les variations du volume des glaces et les variations cumulées (ETP) de l''excentricité (E), de l'inclinaison (T), et de la précession (P)

Relations entre les variations du volume des glaces et les variations cumulées (ETP) de l''excentricité (E), de l'inclinaison (T), et de la précession (P)

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Source : James D. HAYS, Peter B. de MENOCAL, d'après Climate Archives, Lamont-Doherty Earth Observatory of Columbia University

Voir aussi...

Des variations climatiques cycliques avant le Quaternaire

Origine des cycles glaciaires-interglaciaires