Couches de charbon dans un bassin de type limnique

Pierre Thomas

ENS Lyon - Laboratoire des Sciences de la Terre

Emmanuelle Cecchi

Florence Kalfoun

ENS Lyon / DGESCO

14/06/2004

Résumé

Bassin houiller lacustre, alternances charbon / argiles / grès, exemples dans les bassins du Massif Central.


Figure 1. Détail du toit d'une couche de charbon

Détail du toit d'une couche de charbon

Les mineurs appellent "toit" le haut d'une couche, et" mur" le bas. On voit, ici, la couche de charbon noir brillant (2 m d'épaisseur, masquée par des éboulis sur les 3/4 inférieurs à gauche) passer progressivement vers le haut à des argiles litées plus mates, puis à des grès clairs.


Figure 2. Détail du toit d'une couche de charbon, image interprétée

Détail du toit d'une couche de charbon, image interprétée

Les mineurs appellent "toit" le haut d'une couche, et" mur" le bas. On voit, ici, la couche de charbon noir brillant (2 m d'épaisseur, masquée par des éboulis sur les 3/4 inférieurs à gauche) passer progressivement vers le haut à des argiles litées plus mates, puis à des grès clairs.


La semaine dernière, nous vous annoncions une série de semaines "charbon" pour "illustrer" et "commémorer" la fermeture de la dernière mine de charbon française (en Lorraine). Pour cela, nous vous avons montré une des "découvertes" du bassin de Graissessac (34). Cette semaine, nous allons vous montrer deux détails de ces couches de charbon observées dans les bassins du Massif Central. Avec les photographies des 3 semaines à venir, nous illustrerons et expliquerons la genèse du charbon et des sédiments associés dans ces bassins lacustres du carbonifère supérieur intra-hercynien.

Figure 3. Alternance d'argiles, de charbon et de grès

Alternance d'argiles, de charbon et de grès

On voit, d'en bas à gauche à en haut à droite, soit du plus vieux au plus jeune : des argiles avec parfois quelques bancs de grès interstratifiés, puis du charbon, puis des argiles ocres, puis de nouveau du charbon impur (riche en argile), puis une vire herbeuse (installée sur des argiles), puis du grès.


Figure 4. Alternance d'argiles, de charbon et de grès, image interprétée

Alternance d'argiles, de charbon et de grès, image interprétée

On voit, d'en bas à gauche à en haut à droite, soit du plus vieux au plus jeune : des argiles avec parfois quelques bancs de grès interstratifiés, puis du charbon, puis des argiles ocres, puis de nouveau du charbon impur (riche en argile), puis une vire herbeuse (installée sur des argiles), puis du grès.


Dans les deux cas donc, les argiles surmontent toujours les charbons avec une transition progressive, et les grès surmontent les argiles (les argiles, elles, peuvent être surmontées soit d'une nouvelle couche de charbon, soit d'une couche de grès). Ces exemples sont très représentatifs de la majorité des successions lithologiques dans les bassins limniques du massif central, comme celui de Graissessac (34), d'Alès (30), de Saint Étienne (42)... Pour comprendre la raison de cette double succession (argile sur charbon, et grès sur argile) et connaître les conditions paléogéographiques de ces dépôts, il nous faudra étudier les fossiles contenus dans les couches de charbons (tronc d'arbre dans une couche de charbon) et ceux contenus dans les couches de grès (semaines du tronc de sigillaire dans des grès et du tronc d'arbre en position de vie dans des grès).