Admirer des glaciers en traversant le Groenland en avion de ligne sur le trajet France – Ouest des États-Unis d'Amérique

Pierre Thomas

Laboratoire de Géologie de Lyon / ENS Lyon

Sylvain Brançon

Géologue amateur

Olivier Dequincey

ENS Lyon / DGESCO

27/11/2017

Résumé

Quelques vues de calotte glaciaire, glaciers, confluences de glacier et moraines, lacs de fonte, barrage de glace et eaux turbides.


Figure 1. Glaciers se jetant dans des fjords quelque part sur la côte Est du Groenland, par environ 63° de latitude Nord

La photo est prise en direction du Sud. Ce glacier provient de la calotte qui recouvre tout le Groenland et qu'on voit en haut à droite de la photo. L'océan (à gauche) est recouvert d'un brouillard grisâtre qui recouvre la côte au Sud.

La confluence des trois glaciers près du centre de l'image est localisée sur un fichier kmz qui la replace sur la côte Est du Groenland.


Se rendre de France au centre ou à l'Ouest des USA permet, si la météorologie, les horaires et la saison le permettent de survoler la calotte glaciaire du Groenland et d'admirer les glaciers s'écoulant du centre de l'inlandsis vers les fjords côtiers. Une image des Alpes il y a 20 000 ans, la mer et les fjords en plus. Nous vous présentons 15 photographies ou mosaïques de photographies prises à travers un hublot d'un avion de ligne. La propreté douteuse du hublot, les reflets du soleil… expliquent la qualité relative des images. Ces photographies ont été prises le 15 août 2017. Nous vous les présentons dans l'ordre chronologique, depuis l'entrée sur le Groenland au-dessus de la côte Est, à sa sortie par la côte Ouest, 400 km plus loin. Le vol suivait approximativement le 63ème parallèle Nord. Tous ces clichés sont pris du côté Sud de l'avion.

D'autres photographies des glaciers du Groenland peuvent être vues dans Confluence, fluage, écoulement ductile des glaciers et libération d'icebergs au niveau de la côte orientale du Groenland , Le bord de la calotte glaciaire du Groenland , ou Vallée glaciaire en U du Groenland .

Si vous prenez un avion survolant le Groenland, toutes choses égales par ailleurs, pensez à prendre un vol de jour et à demander un hublot !

Figure 2. Confluences entre un glacier principal venant de droite et recevant un glacier secondaire sur sa rive gauche, et deux autres glaciers secondaires sur sa rive droite, côte Est du Groenland (vers 63° lat. N)

La flexion des moraines montre magnifiquement l'écoulement ductile de la glace. Ce glacier arrive dans la mer à gauche de l'image au niveau d'un beau front.


Figure 3. Vue plus amont des glaciers et confluences précédentes, côte Est du Groenland

L'avion ne va pas suivre le glacier principal, mais l'affluent qui arrive de la droite et qui vient aussi de la calotte.


Figure 4. L'amont du glacier principal des figures précédentes, côte Est du Groenland

On voit bien que ce glacier s'échappe de la calotte, qui occupe le tiers droit de la photo. D'autres glaciers s'écoulant aussi vers des fjords sont visibles plus au Sud. Noter le petit lac sur le bord droit, au centre de la photo (voir détails de ce lac sur les images suivantes).


Figure 5. Vue sur la calotte glaciaire du Groenland qui occupe la moitié droite de l'image, et sur des glaciers qui s'en échappe

Le glacier "remonté", au survol, par l'avion est celui du bas à gauche. Remarquer le petit lac bleu au centre droit de l'image.


Figure 6. Une langue glaciaire groenlandaise portant des lacs d'une belle couleur bleue

Ces lacs sont dus à la fonte estivale de la surface de la calotte. Les eaux de ces lacs s'enfoncent dans des crevasses, et "lubrifient" la base du glacier. Le réchauffement climatique augmente cette fonte et la lubrification qui en est la conséquence, ce qui accélère le mouvement du glacier et augment sa fonte au niveau de son front.


Figure 7. Zoom sur une langue glaciaire groenlandaise portant des lacs d'une belle couleur bleue

Ces lacs sont dus à la fonte estivale de la surface de la calotte. Les eaux de ces lacs s'enfoncent dans des crevasses, et "lubrifient" la base du glacier. Le réchauffement climatique augmente cette fonte et la lubrification qui en est la conséquence, ce qui accélère le mouvement du glacier et augment sa fonte au niveau de son front.


Figure 8. Survol du centre de la calotte glaciaire groenlandaise

Rien ne dépasse des 1000 à 3000 m de glace. À gauche, on devine la chaîne côtière occidentale et le brouillard qui la recouvre au Sud et à l'Est.


Figure 9. Arrivée sur la côte Ouest du Groenland (vers 63° lat. N)

À gauche, la calotte groenlandaise. En haut et à droite, la mer du Labrador entièrement recouverte de nuages et de brouillard. Entre les deux, une bande de terre avec des lacs dans lesquels se jettent des glaciers.


Figure 10. De gauche à droite, l'extrémité Ouest de la calotte groenlandaise, une bande de terre et de lacs dans lesquels se jettent des glaciers, et un couvert nuageux masquant la côte et la mer du Labrador

Les photos suivantes détailleront la rencontre des eaux des deux lacs visibles en bas à droite, et l'arrivée d'un glacier dans un lac étroit et long un peu à droite du centre de l'image.


Figure 11. Arrivée d'un cours d'eau issu d'un lac très chargé en sédiments dans un lac aux eaux beaucoup moins turbides

La dynamique du "tourbillon" est bien visible. On peut comparer ce type de mélange avec les images de Tourbillon dans un lac sibérien.


Figure 12. Zoom sur l'arrivée d'un cours d'eau issu d'un lac très chargé en sédiments dans un lac aux eaux beaucoup moins turbides

La dynamique du "tourbillon" est bien visible. On peut comparer ce type de mélange avec les images de Tourbillon dans un lac sibérien.


Figure 13. Un glacier s'écoulant de l'extrémité de la calotte groenlandaise vers un lac allongé et étroit, et s'étalant une fois arrivé dans le lac

Ce dispositif d'étalement d'une langue glaciaire arrivant dans un piedmont est classique, mais ici particulièrement spectaculaire. L'article Le scivolo delle donne (glissade des femmes ou toboggan des femmes), un bel exemple de poli pygien et de chronologie relative, géosite archéologique de Bard, Val d'Aoste, Italie sur des stries glaciaires permet de voir des dispositifs analogues actuels en Alaska (figure 15) ou fossiles dans les Alpes (figure 14). Le trajet de l'avion ne permet pas de voir si le glacier barre totalement la vallée occupée par le lac. Google Earth montre que le glacier et ses moraines barrent la vallée et indique qu'il y a un fort dénivelé entre le lac amont (à gauche, 125 m d'altitude) et le lac aval (à droite, 25 m d'altitude). Le glacier et ses moraines constituent donc un véritable barrage séparant la vallée initiale en deux lacs d'altitudes différentes.

Cet étalement glaciaire est localisé un fichier kmz qui le replace sur la côte Ouest du Groenland.


Figure 14. Arrivée d'un glacier issu de la calotte groenlandaise dans un lac allongé et étalement latéral dans ce lac

Ce dispositif d'étalement d'une langue glaciaire arrivant dans un piedmont est classique, mais ici particulièrement spectaculaire. L'article Le scivolo delle donne (glissade des femmes ou toboggan des femmes), un bel exemple de poli pygien et de chronologie relative, géosite archéologique de Bard, Val d'Aoste, Italie sur des stries glaciaires permet de voir des dispositifs analogues actuels en Alaska (figure 15) ou fossiles dans les Alpes (figure 14). Le trajet de l'avion ne permet pas de voir si le glacier barre totalement la vallée occupée par le lac. Google Earth montre que le glacier et ses moraines barrent la vallée et indique qu'il y a un fort dénivelé entre le lac amont (à gauche, 125 m d'altitude) et le lac aval (à droite, 25 m d'altitude). Le glacier et ses moraines constituent donc un véritable barrage séparant la vallée initiale en deux lacs d'altitudes différentes.

Cet étalement glaciaire est localisé un fichier kmz qui le replace sur la côte Ouest du Groenland.


Figure 15. Zoom sur l'arrivée d'un glacier dans un lac allongé et sur son étalement latéral barrant ce lac

Ce dispositif d'étalement d'une langue glaciaire arrivant dans un piedmont est classique, mais ici particulièrement spectaculaire. L'article Le scivolo delle donne (glissade des femmes ou toboggan des femmes), un bel exemple de poli pygien et de chronologie relative, géosite archéologique de Bard, Val d'Aoste, Italie sur des stries glaciaires permet de voir des dispositifs analogues actuels en Alaska (figure 15) ou fossiles dans les Alpes (figure 14). Le trajet de l'avion ne permet pas de voir si le glacier barre totalement la vallée occupée par le lac. Google Earth montre que le glacier et ses moraines barrent la vallée et indique qu'il y a un fort dénivelé entre le lac amont (à gauche, 125 m d'altitude) et le lac aval (à droite, 25 m d'altitude). Le glacier et ses moraines constituent donc un véritable barrage séparant la vallée initiale en deux lacs d'altitudes différentes.

Cet étalement glaciaire est localisé un fichier kmz qui le replace sur la côte Ouest du Groenland.