Mots clés : argile, érosion, badlands

Le ravin de Corbœuf (commune de Rosières, Haute Loire) : un bel exemple de badlands auvergnats

Pierre Thomas

Laboratoire de Géologie de Lyon / ENS Lyon

Olivier Dequincey

ENS Lyon / DGESCO

09/01/2017

Résumé

Série argileuse éocène à alternances colorées et érosion en badlands .


Figure 1. Partie amont du ravin de Corbœuf (Rosières, Haute Loire)

Une érosion de type badlands entaille une série d'argiles datant de l'Éocène supérieur épaisse de plus d'une cinquantaine de mètres. Cette série argileuse parfaitement horizontale est constituée d'alternances d'argiles blanches, jaune pâle, vertes à bleutées, et comprend quelques bancs légèrement plus indurés donc plus résistants à l'érosion. Cette érosion relativement inhabituelle en France en dehors des régions à climat ayant une tendance méditerranéenne, associée à ces alternances colorées, donne des paysages à la fois étonnants et esthétiques. Et contrairement aux figures d'érosion dans les Ocres de Roussillon (cf. Les ocres de Roussillon, Vaucluse ), ces paysages ne dérivent pas de la recolonisation végétale d'anciennes carrières mais ne sont que l'œuvre de la seule nature.


Figure 2. Zoom sur la partie amont du ravin de Corbœuf (Rosières, Haute Loire)

Une érosion de type badlands entaille une série d'argiles datant de l'Éocène supérieur épaisse de plus d'une cinquantaine de mètres. Cette série argileuse parfaitement horizontale est constituée d'alternances d'argiles blanches, jaune pâle, vertes à bleutées, et comprend quelques bancs légèrement plus indurés donc plus résistants à l'érosion. Cette érosion relativement inhabituelle en France en dehors des régions à climat ayant une tendance méditerranéenne, associée à ces alternances colorées, donne des paysages à la fois étonnants et esthétiques. Et contrairement aux figures d'érosion dans les Ocres de Roussillon (cf. Les ocres de Roussillon, Vaucluse ), ces paysages ne dérivent pas de la recolonisation végétale d'anciennes carrières mais ne sont que l'œuvre de la seule nature.


Figure 3. Zoom sur la partie amont du ravin de Corbœuf (Rosières, Haute Loire)

Une érosion de type badlands entaille une série d'argiles datant de l'Éocène supérieur épaisse de plus d'une cinquantaine de mètres. Cette série argileuse parfaitement horizontale est constituée d'alternances d'argiles blanches, jaune pâle, vertes à bleutées, et comprend quelques bancs légèrement plus indurés donc plus résistants à l'érosion. Cette érosion relativement inhabituelle en France en dehors des régions à climat ayant une tendance méditerranéenne, associée à ces alternances colorées, donne des paysages à la fois étonnants et esthétiques. Et contrairement aux figures d'érosion dans les Ocres de Roussillon (cf. Les ocres de Roussillon, Vaucluse ), ces paysages ne dérivent pas de la recolonisation végétale d'anciennes carrières mais ne sont que l'œuvre de la seule nature.


Figure 4. Zoom les alternances argileuses dans la partie amont du ravin de Corbœuf (Rosières, Haute Loire)

Une érosion de type badlands entaille une série d'argiles datant de l'Éocène supérieur épaisse de plus d'une cinquantaine de mètres. Cette série argileuse parfaitement horizontale est constituée d'alternances d'argiles blanches, jaune pâle, vertes à bleutées, et comprend quelques bancs légèrement plus indurés donc plus résistants à l'érosion.


Le Massif Central est affecté de grabens remplis de sédiments cénozoïques. Les bassins du Puy et de l'Emblavès (auquel appartient le ravin de Corbœuf) sont remplis de sédiments continentaux assez mal datés, allant de l'Éocène supérieur à l'Oligocène. Les argiles du ravin de Corbœuf n'ont livré aucun fossile ; elles seraient d'âge éocène supérieur.

La notice de la carte géologique d'Yssengeaux au 1/50 000 décrit ainsi ces bassins du Puy et de l'Emblaves :

La couverture tertiaire du Velay est essentiellement paléogène. Au Sud-Ouest du Puy subsistent d'importants témoins de dépôts fluviatiles consolidés (arkoses) ou non. Ils sont attribués à l'Éocène moyen. Après une phase d'érosion, reposant en discordance sur les précédents, vient l'épais remplissage du bassin du Velay (Oligocène des anciens auteurs), que la tectonique postérieure a scindé en deux unités : les bassins du Puy et l'Emblavès.

Ce remplissage débute à l'Éocène supérieur par des dépôts détritiques continentaux passant à une formation « lagunaire » argileuse pouvant atteindre une centaine de mètres d'épaisseur. Au-dessus, en concordance apparente, mais débordant largement la formation lagunaire, viennent de nouveaux dépôts continentaux fluviatiles à lacustres, attribués au Stampien inférieur [maintenant appelé Rupélien] (« Calcaire de Ronzon » au Puy, « Sables de la Laussonne » au Sud-Est du bassin du Velay, dépôts continentaux variés au Nord-Est, passant plus au Nord aux « Sables de Retournac »).

Cette même notice de la carte géologique d'Yssengeaux au 1/50 000 décrit ainsi la formation affleurant dans le ravin de Corbœuf :

e7A. Formation argileuse illitique (20 à 70 m ?). Elle est aussi appelée « argiles à illite », « argiles vertes à illite » ou même, improprement, « Marnes du Puy ». [Cette formation est constituée d'un mélange d'illite, de montmorillonite, et de kaolinite.] Au-dessus des couches inférieures de transition, argileuses à niveaux rougeâtres, sans nodules carbonatés, souvent un peu sableuses (quelques mètres), s'installe l'épaisse formation argileuse rubanée, souvent riche en nodules calcaires. Cette formation est très vulnérable au ravinement, ouvrant de vastes espaces nus en « bad lands » ou en ravins, en particulier aux environs de Rosières ; le ravin de Corbœuf, le plus important, recoupe l'essentiel de la formation et de l'assise sableuse sous-jacente. Ces affleurements montrent une alternance monotone de couches beiges et bleutées d'épaisseur variable, mais souvent voisines du mètre et d'argiles indurées homogènes à débit conchoïdal à graveleux ; elles sont légèrement carbonatées dans la masse (environ 1 à 2% de CaCO3 aux environs de Rosières).

L'essentiel du faciès calcaire de la formation se trouve sous forme de concrétions noduleuses qui semblent plus abondantes dans les niveaux bleutés, dont la matrice elle-même paraît plus carbonatée. Ces concrétions se concentrent à certains niveaux, sans former de véritables bancs. Vers la base de la formation notamment, les concrétions s'allongent verticalement, plutôt en lames que cylindriques (pédotubules ?). Contrairement à la partie centrale du bassin (environs du Puy), la kaolinite et le quartz détritique subsistent dans toute la série « marneuse » (0,35 à 2,45% ≥80 m mesurés à Corbœuf par le laboratoire des Tuileries Bisch).

Des niveaux argileux analogues aux argiles du ravin de Corbœuf sont exploités à Saint Paulien, à 12 km à l'Ouest de Rosières. Cette argile est utilisée en "hygiène animale" (litière pour chat...), en cosmétique...

Nous allons donc nous promener dans ce ravin de Corbœuf pour y faire quelques observations, puis donner quelques éléments sur la société Argile du Velay .

Figure 5. L'un des vallons du ravin de Corbœuf (Rosières, Haute Loire)


Figure 6. Zoom sur ce vallon du ravin de Corbœuf (Rosières, Haute Loire)


Figure 7. Zoom rapproché sur ce vallon du ravin de Corbœuf (Rosières, Haute Loire)


Figure 8. Zoom sur les niveaux bleutés situés au centre de la figure précédente

Ces niveaux bleutés sont riches en « concrétions noduleuses calcaires » comme cela est signalé sur la notice de la carte géologique d'Yssingeaux.


Figure 9. Un autre vallon du ravin de Corbœuf (Rosières, Haute Loire)

Au centre l'image, une faille se devine.


Figure 10. Zoom sur cet autre vallon du ravin de Corbœuf (Rosières, Haute Loire)

Au centre de l'image, une faille se devine.


Figure 11. Zoom sur cet autre vallon du ravin de Corbœuf (Rosières, Haute Loire)

Au centre de l'image, une faille se voit bien.


Figure 12. Zoom sur une faille dans le ravin de Corbœuf (Rosières, Haute Loire)

La "croupe" au centre de l'image est divisée en deux par une faille apparemment quasi-verticale. La moitié droite constituée de couches bien apparentes est en contact avec un compartiment dont la stratification est moins visible. La faille elle-même est soulignée par une argile assez foncée (gouge plus humide ?) qui recoupe nettement la stratification visible dans le compartiment de droite.


Figure 13. Une piste animale (renard ?) traversant une pente argileuse très raide dans le ravin de Corbœuf

On peut noter que des fentes de dessiccation postérieures à la dernière pluie se développent sur cette pente ayant une pente de plus de 45°. Cette piste montre aussi la fragilité du site. Marcher sur et escalader ces pentes argileuses les dégrade irréversiblement. Ce qui n'est pas grave pour quelques lapins, le deviendrait si de nombreux visiteurs courraient et jouaient sur ces pentes. Pensez-y si vous venez visiter ce site avec des collégiens (ou vos enfants) !


Figure 14. Une piste animale (renard ?) traversant une pente argileuse très raide dans le ravin de Corbœuf

On peut noter que des fentes de dessiccation postérieures à la dernière pluie se développent sur cette pente ayant une pente de plus de 45°.


Figure 15. Une piste animale (renard ?) dans les argiles du ravin de Corbœuf

On peut noter que des fentes de dessiccation postérieures à la dernière pluie se développent sur cette pente ayant une pente de plus de 45°.


Figure 16. Une piste animale (renard ?) traversant une pente argileuse très raide dans le ravin de Corbœuf

On peut noter que des fentes de dessiccation postérieures à la dernière pluie se développent sur cette pente ayant une pente de plus de 45°. Cette piste montre aussi la fragilité du site. Marcher sur et escalader ces pentes argileuses les dégrade irréversiblement. Ce qui n'est pas grave pour quelques lapins, le deviendrait si de nombreux visiteurs courraient et jouaient sur ces pentes. Pensez-y si vous venez visiter ce site avec des collégiens (ou vos enfants) !


Figure 17. Une piste animale (renard ?) traversant une pente argileuse très raide dans le ravin de Corbœuf

On peut noter que des fentes de dessiccation postérieures à la dernière pluie se développent sur cette pente ayant une pente de plus de 45°.


Figure 18. Une piste animale (renard ?) dans les argiles du ravin de Corbœuf

On peut noter que des fentes de dessiccation postérieures à la dernière pluie se développent sur cette pente ayant une pente de plus de 45°.


Figure 19. Vue aérienne sur le ravin de Corbœuf (Rosières, Haute Loire)


Figure 20. Vue aérienne sur le ravin de Corbœuf (Rosières, Haute Loire)


Figure 21. Le ravin de Corbœuf dans son cadre morphologique et géologique


Figure 22. Le ravin de Corbœuf dans son cadre morphologique et géologique



Figure 24. Localisation du ravin de Corbœuf en France

Accédez directement au site sur Google earth via le fichier ravin-Corboeuf.kmz.


Figure 25. Vue sur les carrières d'argiles de Saint Paulien (Haute Loire)

Cette carrière, située à 12 km du ravin de Corbœuf, exploite les mêmes niveaux argileux constitués d'un mélange d'illite, de montmorillonite, et de kaolinite. La société "Argile du Velay" exploite et conditionne 120 000 tonnes d'argile chaque année.


Figure 26. Localisation du ravin de Corboeuf dans le bassin de l'Emblavès et localisation de la carrière de Saint Paulien dans le bassin du Puy

Les deux bassins sont séparés par le horst de Chaspinhac.



Figure 28. Quatre des usages de l'argile verte du Velay

Les argiles ont bien d'autres usages que les traditionnelles briques et autres céramiques.


Mots clés : argile, érosion, badlands