Mots clés : gypse, diapir, évaporite

Le diapir de gypse triasique de Lazer, Hautes Alpes

Pierre Thomas

Laboratoire de Géologie de Lyon / ENS Lyon

Olivier Dequincey

ENS Lyon / DGESCO

17/10/2016

Résumé

Observation de la base d'un diapir de gypse intrusif dans une structure anticlinale de marnes jurassiques.


Figure 1. Le diapir de gypse triasique de Lazer, Hautes Alpes

Le diapir de gypse triasique de Lazer, Hautes Alpes

En haut, photo de la base du diapir triasique de Lazer (Hautes Alpes), le long de la route menant aux carrières de gypse exploitées par la société Placoplatre. Une masse de gypse complètement recristallisé (moitié supérieure de l'image) repose sur des marnes noires du Jurassique moyen.

En bas, extrait d'une coupe géologique située à la base de la carte géologique BRGM 1/50 000 de Laragne-Montéglin, schématisant la structure de ce diapir.


Les diapirs correspondent à des objets classiques en géologie, mais qu'on voit beaucoup plus en schémas qu'en réalité. On peut définir un diapir de la façon suivant : un diapir (du grec diapeirein , percer à travers) est un type d'intrusion plus ou moins sphérique ou aplatie, due la remontée de roches très déformables et peu denses à travers des roches plus denses. Les diapirs les plus fréquents sont constitués d'évaporites (gypse, halite…), roches à la fois très ductiles et moins denses que les autres roches sédimentaire usuelles. On étend souvent la notion de diapir aux remontés de manteau chaud, aux remontées de migmatites et même aux remontées de magma visqueux (diapir de granite). C'est la poussée d'Archimède qui est le moteur ascensionnel des diapirs. Cette remontée est souvent initiée et déclenchée par la tectonique (faille, plissement…).

Trois "époques évaporitiques" ont donné de nombreux diapirs en France : le Trias supérieur dans l'Ouest des Pyrénées, la Provence et les Alpes du Sud, l'Oligocène en Alsace, et le Messinien (Miocène supérieur) au large de la côte méditerranéenne.

Le diapir de Lazer (Hautes Alpes) permet d'avoir une vue d'ensemble sur la base de la partie évasée du diapir. On peut voir dans le paysage et toucher le contact du gypse triasique sur les marnes noires du Jurassique moyen. Ce contact affleure en particulier très bien sur le bord de la route (fermée au public) desservant les carrières de gypse exploitées par la société Placoplatre.

Nous vous proposons une série de photographies prises sur cette route (figures 1 à 8), et des vues paysagères brutes et interprétées des versants Sud et Est de ce diapir (figure 9 à 13).

Figure 2. Contact du gypse triasique reposant sur les marnes noires jurassiques

Contact du gypse triasique reposant sur les marnes noires jurassiques

Figure 3. Contact du gypse triasique reposant sur les marnes noires jurassiques

Contact du gypse triasique reposant sur les marnes noires jurassiques



Figure 6. Détail sur le contact gypse triasique - marnes moires jurassiques, Lazer (Hautes Alpes)

Détail sur le contact gypse triasique - marnes moires jurassiques, Lazer (Hautes Alpes)

La fine stratification des marnes est bien visible ; elle est recoupée à peu près perpendiculairement par le gypse.


Figure 7. Base du niveau de gypse triasique du diapir de Lazer (Hautes Alpes) reposant sur les marnes noires

Base du niveau de gypse triasique du diapir de Lazer (Hautes Alpes) reposant sur les marnes noires

Ce gypse est très déformé, et finement recristallisé. Il ne montre pas de "beaux indices" permettant de diagnostiquer facilement du gypse si on n'en a pas l'habitude. Mais en cherchant, on trouve quand même de belles cristallisations parfaitement caractéristiques.

Vue de détail sur la photo suivante localisé par la flèche noire.


Figure 8. Détail de la base du niveau de gypse triasique du diapir de Lazer (Hautes Alpes)

Détail de la base du niveau de gypse triasique du diapir de Lazer (Hautes Alpes)

Ce gypse est très déformé, et finement recristallisé. Il ne montre pas de "beaux indices" permettant de diagnostiquer facilement du gypse si on n'en a pas l'habitude. Mais en cherchant, on trouve quand même de belles cristallisations parfaitement caractéristiques.

Détail localisé par une flèche noire sur la photo précédente.




Figure 11. Vues d'ensemble, brute et interprétée, du flanc Sud du diapir de Lazer (Hautes Alpes)

Vues d'ensemble, brute et interprétée, du flanc Sud du diapir de Lazer (Hautes Alpes)

La flèche noire localise les vues précédentes prises sur le bord de la route menant à la carrière de gypse.




Figure 14. Vues aériennes en relief, brute et avec projection de la carte géologique, du diapir de Lazer (Hautes Alpes)

Vues aériennes en relief, brute et avec projection de la carte géologique, du diapir de Lazer (Hautes Alpes)

On voit que le Trias gypseux (orange) repose sur (et recoupe) les différents terrains jurassiques J1b (Bajocien supérieur, beige), J1-2 (limite Bajocien-Bathonien, marron) et J2 (Bathonien, gris).

Les photos 1 à 8 ont été prises là où la route de la carrière recoupe la base du diapir (punaise jaune). La photo 9 a été prise depuis la punaise verte, les photos 10 et 11 depuis la punaise rouge, et les photos 12 et 13 depuis la punaise orange.


Figure 15. Coupe géologique passant par le diapir de Lazer

Coupe géologique passant par le diapir de Lazer

Cette coupe se trouve à la base de la carte géologique BRGM 1/50 000 de Laragne-Montéglin. On voit sur cette interprétation que le diapir est remonté et perce le cœur d'un anticlinal complexe, l'anticlinorium de Laragne.


Figure 16. Localisation du diapir de Lazer sur la carte géologique de France au 1/1 000 000

Localisation du diapir de Lazer sur la carte géologique de France au 1/1 000 000

Mots clés : gypse, diapir, évaporite