Relations entre cisaillement et schistosité (plans C-S) à la base de la nappe des Corbières (Ripaud, Aude)

Pierre Thomas

ENS Lyon - Laboratoire des Sciences de la Terre

Olivier Dequincey

ENS Lyon / DGESCO

26/03/2007

Résumé

Plans de cisaillement et plans de schistosité.


Figure 1. Plans C et plans S dans l'autochtone de la nappe des Corbières


Nous terminons cette semaine la série consacrée à l'étude de « la Nappe des Corbières en images », étude commencée le 15 janvier. Le but de ces semaines était de montrer la variété des déformations que l'on peut trouver dans ou sous une nappe de charriage (sédimentaire), et leur relations réciproques.

Nous terminons cette série en étudiant les relations entre la schistosité (qui apparaît dans les niveaux ductiles, même sans métamorphisme) et le cisaillement. Une nappe de charriage comme la Nappe des Corbières est en effet un gigantesque cisaillement horizontal, le compartiment supérieur se déplaçant vers le Nord, le Nord-Ouest ou l'Ouest par rapport à l'autochtone. Les images de cette semaine proviennent du même endroit que celle de la semaine dernière montrant une schistosité moulant des oncolithes dans l'autochtone plissé de la nappe des Corbières.

Sur l'image 1, comme sur son interprétation (image 2), on voit très bien une schistosité, plans S, avec un pendage d'environ 45° vers l'Est (vers la droite) et des mini-cisaillements sub-horizontaux (plans C). Aussi bien la géométrie sigmoïde de la schistosité que les relations entre les plans C et S montrent un cisaillement avec déplacement des compartiments supérieurs vers l'Ouest (vers la gauche) (voir aussi l'article sur les relations schistosité - cisaillement).

Figure 2. Interprétation tectonique de l'image précédente, nappe des Corbières

Certains plans de schistosité (plans S), pendant de 45° vers l'Est, sont figurés en bleu. Deux mini-plans de cisaillement (plans C) sont figurés en rouge. Le sens de déplacement, tiré des relations S-C comme de la géométrie sigmoïde de la schistosité, indique un déplacement des compartiments supérieurs vers l'Ouest (flèches vertes).


L'images 3 et son interprétation (image 4) montrent une vue rapprochée d'un de ces plans C (on reconnaît aussi les oncolites vues la semaine dernière).

Figure 3. Vue rapprochée d'un plan C, nappe des Corbières


Figure 4. Interprétation tectonique de cette vue rapprochée, plans S et plans C, nappe des Corbières

En bleu, plan S ; en rouge tireté, plan C.


Les images 5, 6 et 7 montrent des vues de plus en plus éloignées de l'affleurement.

Figure 5. Un peu de recul, plans S et C, nappe des Corbières


Figure 6. On recule encore un peu, plans S et C, nappe des Corbières


Figure 7. L'affleurement dans son ensemble, plans S et C, nappe des Corbières


L'image 8 montre une coupe du secteur, déjà vue le 12 mars. On voit alors que les mini-cisaillements sont (approximativement) parallèles à la surface de chevauchement principale. Les relations géométriques entre schistosité, cisaillement et plan axial du plis couché sont alors évidentes.

Figure 8. Coupe Ouest-Est du synclinal couché de Ripaud et de l'écaille intermédiaire chevauchante, nappe des Corbières

La localisation de l'affleurement est indiquée par le cercle rouge. On voit alors que les mini-cisaillements sont (approximativement) parallèles à la surface de chevauchement principale (en bleu) . Les relations géométriques entre schistosité (traits noirs fins), cisaillement et plan axial du plis couché sont alors évidentes.