Éruption au Piton de la Fournaise, 27 mars 2001

Jean-François Moyen

BRGM de La Réunion

Benoît Urgelli

ENS Lyon / DGESCO

02/04/2001

Résumé

Récit d'une excursion au Piton de la Fournaise lors de l'éruption de mars 2001.


Après un mois de pré-alerte, l'éruption a débuté le mardi 27 mars 2001. Comme d'habitude, l'enclos a été fermé (les premières phases des éruptions sont souvent phréatiques et dangereuses !) puis a été rouvert au public le 01 avril 2001.


Après un lever matinal (5 h) et un départ à peine moins matinal de Saint Denis, nous sommes arrivés vers 8 heures à la Plaine des Cafres, sous un soleil éclatant. Montée vers le volcan par la route forestière, avec des vues entre les arbres sur le Piton des Neiges (Fig. 2) et des paysages dignes de la Chaîne des Puys (Fig. 3).

Figure 2. Le piton des neiges et la plaine des Cafres

Le piton des neiges et la plaine des Cafres

Figure 3. La plaine des Cafres

La plaine des Cafres

Après une quinzaine de kilomètres, le paysage change... On passe le rempart de la Plaine des Sables et ça ressemble nettement plus à un volcan (Fig. 4)... Encore quelques kilomètres et on arrive au parking du Pas de Bellecombe, horreur ! C'est plein de nuages !! Normalement ça aurait du ressembler à la figure 5.

Figure 4. la Plaine des Sables.

la Plaine des Sables.

Figure 5. Le pas de Bellecombe.

Le pas de Bellecombe.

Malgré les nuages, on se décide à y aller ; et c'est une bonne idée, parce que le temps s'éclaircit très vite et on se retrouve sur le flanc Sud du sommet du Piton, qu'on contourne tranquillement, en descendant peu à peu, sans s'en rendre compte (mais au retour, on se rendra compte que ça monte !).

Quelques aspects de l'enclos, Château Fort (Fig. 6) et Gaubet (Fig. 7) sont les noms des deux cônes.

Figure 6. Château Fort

Château Fort

Figure 7. Gaubet

Gaubet

Il faut deux bonnes heures de marche pour arriver a la fin du sentier ; de là, il reste encore une grosse demi-heure a crapahuter dans les scories (encore tièdes parfois !) pour arriver à un joli belvédère sur le cône strombolien actif (Fig. 8).

En fait, on est sur un petit cône sans doute assez récent, en face du cône strombolien actif, et dominant une petite vallée (à droite de la photo) par où passent les coudées. Comme le temps est humide et qu'il y a des petits grains régulièrement, les coulées sont arrosées et partout il y a des petits nuages de vapeur (Fig. 9).

Figure 8. Cône strombolien actif

Cône strombolien actif

Figure 9. Coulée encore chaude

Coulée encore chaude

Je pense que dans le cône, en haut, il y a un petit lac de lave qui se rempli t; de temps en temps, il déborde (Fig.10)...

Figure 10. Début de coulée

Début de coulée

... et la coulée commence à descendre (Fig. 11) dans le petit vallon en dessous pendant qu'au-dessus, le cône continue à cracher (Fig. 12).

Figure 11. La coulée

La coulée

Figure 12. La coulée avec le cône en arrière plan

La coulée avec le cône en arrière plan

Il faut 3 ou 4 minutes pour que la coulée parcoure tout le vallon. Là, il commence à faire vraiment chaud, on est pourtant à plus de 50 m de la coulée mais c'est intenable ; il est temps de déménager vite fait !). Et puis ça s'arrête au bout de 10 min, des dernières langues de lave débordent pendant que la coulée se refroidit.

Figure 13. La coulée dans toute son extension

La coulée dans toute son extension

Figure 14. La fin de la coulée

La fin de la coulée

Pour ce qui est du retour, reprendre les photos de l'aller mais dans l'autre sens... sauf que, comme il s'est mis a bien pleuvoir, on a beau être sous les tropiques quand on est trempé à 2.000 m d'altitude il ne fait pas franchement chaud. Reste à remonter les escaliers du Pas de Bellecombe (120 m de dénivelé, ce qui fait toujours plaisir après 5 heures de marche).

Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise.