La dorsale indienne est-elle en compression ?

Pierre Thomas

ENS-Lyon

Benoît Urgelli

ENS Lyon / DGESCO

19/12/2000

Résumé

Mouvements lithosphériques, complexité de ces mouvements au niveau de la plaque Inde-Australie à cause de l'Himalaya.


Table des matières

Question

« Je ne comprends pas pourquoi la dorsale indienne n'est pas affectée de structure compressive car avec tout le magma qui sort, et le blocage de l'Inde d'autre part, la plaque devrait se raccourcir... »

Réponse

Figure 1. Les plaques tectoniques

Les plaques tectoniques

Pour simplifier, une plaque est mise en mouvement par la subduction de son extrémité. C'est la subduction qui est à l'origine de sa migration, et non la sortie de magma qui pousserait au niveau de la dorsale, ou encore des mouvements asthénosphériques qui entraîneraient la lithosphère.

La façon la plus simple de le mettre en évidence est la suivante : on regarde une carte du globe donnant le mouvement absolu des plaques (modéle NUVEL-1).


Dans le tableau ci-dessous, on voit que les 4 ou 5 plaques rapides (Pacifique, Nazca, Cocco, Philippine et Inde-Australie) sont celles qui possèdent une zone de subduction. Les plaques sans subduction se déplacent beaucoup moins vite. Ce sont donc ces zones de subduction qui fournissent la majorité du mouvement, les plaques sans subduction bougeant pour accommoder le mouvement.

Figure 3.  Les vitesses des 12 grandes plaques tectoniques

Les vitesses des 12 grandes plaques tectoniques

Dans le cas de la plaque Inde-Australie, la subduction depuis les îles Adaman jusqu'à la Nouvelle-Guinée (subduction indonésienne) tire la plaque vers le NNE. Le fonctionnement de la dorsale n'est que la conséquence de ce mouvement.

À l'Est de cette plaque, vers l'Inde, cela se complique un peu. Toute la plaque va vers le Nord, tirée par la subduction, mais le mouvement est sensiblement bloqué au niveau de l'Himalaya.

C'est à ce niveau que se fait une bonne part du raccourcissement. Une faible partie de ce raccourcissement se fait aussi en mer, entre l'Inde et le Sud-Est asiatique, à la latitude de Ceylan. Il y a là des plissements sous marins actifs.

Mais au Sud de la plaque, il n'y a pas de compression mais bien une ouverture océanique, liée au mouvement général de traction vers le Nord.