Vols transatlantiques et jet stream

Vincent Daniel

Laboratoire de Météorologie Dynamique de l'ENS de Paris

Benoît Urgelli

ENS Lyon / DGESCO

12/09/2000

Résumé

Influence des vents et de la circulation atmosphérique sur les vols transatlantiques.


Table des matières

Question

Objet : Courants de jet Date  : Ven, 8 Sep 2000 00:37:32 De  : samagr.

« Comment explique-t-on qu'un avion faisant la liaison Paris-Toronto mette 8 heures l'aller et 7 heures au retour ? S'agit-il de lois physiques ou simplement de courants ? »

Réponse

Tout d'abord, rappelons que Toronto se trouve au Canada et que l'avion effectue à l'aller un vol Est-Ouest et au retour un vol Ouest-Est.

Les vols intercontinentaux s'effectuent en général à une altitude où la convection est suffisamment faible pour épargner les secousses turbulentes aux passagers et au matériel. La convection s'effectue dans la troposphère si bien que les avions volent si possible juste au sommet de celle-ci (tropopause).

Figure 1. Carte des vents Ouest-Est et du vecteur vent total à une altitude proche de celle à laquelle volent les avions (mois de Janvier de 1990 à 1999).

Carte des vents Ouest-Est et du vecteur vent total à une altitude proche de celle à laquelle volent les avions (mois de Janvier de 1990 à 1999).

On note de forts vents Ouest-Est au large du continent nord-américain. Dans cette région, les vents sont toujours orientés en forts courants Ouest-Est souvent appelés Jet-streams (ou courants Jets).


Ainsi, à l'aller, l'avion va dans le sens contraire du vent. Pour éviter ces forts courants, les pilotes choisissent souvent une route passant près du Pôle Nord où les vents sont moins défavorables. Au retour en revanche, l'avion vole avec le vent. Sa vitesse par rapport au sol est donc plus élevée et il met facilement une heure de moins qu'à l'aller.